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Patrimoine

LA GRANDE GUERRE

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BETHUNE, UNE VILLE A l'HEURE DE l'ENTENTE CORDIALE

 


1914, la mobilisation générale a lieu le 1er août. Bientôt les premières unités britanniques débarquent à Boulogne au son du « Tipperary ».
Début août, le départ du 73ème R.I et des mobilisés se déroulent à Béthune devant une foule émue. Un témoin de l'époque raconte : « ...la concentration s'effectua sur le champ de manœuvre. A perte de vue, sous un ciel gris, les chevaux et les fourgons s'enroulaient dans un long cortège...la foule des parents, amis, compatriotes, frères d'armes se pressait autour du terrain de la caserne Chambors...chacun, malgré la distance cherchait à reconnaître les siens dans la fourmilière...on agitait les mouchoirs...tout à coup le tambour se mit à battre... ». Le 25 août, Béthune se retrouve alors sans garnison.


Le dimanche 11 octobre 1914, les premiers soldats anglais traversent la ville sous les acclamations de la foule...Le 14 octobre 1914, le premier soldat anglais est enterré à Béthune.


En sept 1915, c'est l'offensive d'Artois, en liaison avec les anglais au nord d'Arras. Nos troupes récupèrent Souchez et Vimy. Les anglais attaquent Loos-en-Gohelle et Hulluch, coiffés de leurs masques à gaz : « C'est l'absolu de l'horreur disait un allemand en décrivant cette offensive .La fin du monde ne pourrait être pire », d'après L'Illustration.


Pour atteindre Calais, l'armée allemande concentre ses attaques sur Béthune...Les allemands n'entreront jamais dans la ville...
Dès 1915, la Cité de Buridan devient une ville anglo-indienne avec l'arrivée de troupes venues d'Ecosse, du Pays de Galles, mais aussi de tout l'empire : Canada, Indes, Australie.


Une « occupation douce » s'installe alors à Béthune avec un véritable pouvoir territorial britannique : laissez-passer, réquisitions, contrôles, couvre-feu...Mais une relation harmonieuse s'installe avec les « Tommies » qui logent chez l'habitant, dans les faubourgs. Les béthunois découvrent alors le « Boulibeef » et le tabac blond. Les Tommies amusent les jeunes enfants et les régalent de friandises. Les officiers et ordonnances logent dans les grandes avenues. La rue Gambetta deviendra la rue des Etats-Majors.
Les britanniques partagent aussi les loisirs avec les béthunois : concerts de charité, football au Jardin des Sports, cinéma, théâtre occupent l'esprit des tommies entre deux départs pour les combats.
Béthune, c'est aussi un immense trafic autour de la GARE, centre d'approvisionnement des troupes anglaises...Béthune à l'heure anglaise, c'est aussi le ballet incessant des ambulances autour de l'hôpital mixte de la rue Boutleux et des hôpitaux auxiliaires associés aux nombreux postes de secours : les Casualty Clearing Station ou CCS. Celui de Béthune s'installera au Collège St-Vaast.
Cible de choix, Béthune sera régulièrement bombardée entre le 26 octobre 1914 à juin 1918. Ainsi, il est tombé en quatre années plus de 70 000 obus sur la cité. 900 maisons seront détruites et 1000 endommagées. L'horreur atteint son paroxysme à partir du 20 mai 1918 et jusqu'en juin. Un cyclone de fer s'abat sur la cité : 50 000 obus incendiaires sont lancés sur le centre de la ville –heureusement évacuée-. Le feu achèvera l'œuvre des canons. Dans cette vision de fin du monde, le vieux centre historique de Béthune, totalement anéanti, deviendra alors un cimetière de demeures humaines.

Mise à jour le Vendredi, 13 Décembre 2013 11:56

Livre quand je te ferme , j 'ouvre la vie

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 « Livre quand je te ferme

J'ouvre la vie »

Pablo NERUDA , Oda al libro=

Ode au livre, 1954

 

 QUAND LES LIVRES DE LA MEDIATHEQUE ELIE WIESEL TRAVERSENT LES SIECLES...

 

Le livre est le support de la mémoire collective et de la diversité culturelle. Mais le livre est un support fragile et sa destruction peut entraîner des « pertes de mémoire » irréversibles.

 

Ainsi, au cours des siècles, les incendies, les guerres, les révolutions, les intolérances, les vols...ou encore les manques de soins ont fait disparaître des bibliothèques entières, emportant avec elles des pans de culture.

 

Consciente du problème, l'UNESCO lance en 1992 le programme « mémoire du monde » pour tenter de sauvegarder le patrimoine écrit « afin d'éviter l'amnésie collective et de promouvoir la conservation des collections d'archives et de bibliothèques partout dans le monde et d'en assurer la plus large diffusion ... ».

 

La cité de Buridan n'échappe pas à ce schéma : plusieurs incendies détruiront Béthune au cours de son histoire, en 1447...et surtout en1918 où une grande partie du patrimoine écrit partira en fumée. Les bibliothèques des communautés religieuses de la cité seront dispersées à la Révolution...quelques rares ouvrages échapperont à la fuite et se trouvent aujourd'hui à l'abri dans les réserves de la Médiathèque Elie Wiesel.

 

Comme de nombreuses bibliothèques, celle de Béthune va petit à petit rassembler les ouvrages d'intérêt local et régional dispersés dans les collections et les intégrer dans une section spécifique : le Fonds d'histoire locale et régionale, lieu de mémoire de la vie locale et de l'identité de la ville.

 

Outre les achats, ce fonds s'enrichira très vite de prestigieux dons et legs :

 

° Le Fonds Eugène Béghin (1833-1903), historien local. Le fonds est racheté par la ville en 1930 avec les dommages de guerre pour reconstituer la Bibliothèque communale détruite en 1918. La bibliothèque était hébergée avant la grande guerre au 2ème étage de l'hôtel de ville.

 

° Le Fonds Ernest Boyaval (mort en 1980), historien local, directeur d'école, maire de Beuvry.

 

Parfois la bibliothèque a hérité de fonds plus particuliers :

° Le Fonds Isaïe Dharvent (1847-1933, préhistorien, anthropologue, Conseiller Municipal de la Municipalité de Béthune de 1919 à 1925. Il lèguera une bibliothèque de 250 ouvrages datés de 1864 à 1933 sur l'anthropologie, l'archéologie, la préhistoire...

 

° Le Fonds Armand Lajus (mort en 1940, le lieutenant Lajus sera le 1er mort au champ d'honneur de la Ville de Béthune). Instituteur puis professeur d'éducation physique à Béthune avant la 2ème guerre mondiale, ce sont 88 ouvrages sur les techniques du sport, hygiène, rééducation, médecine sportive...qui intègreront les collections du fonds local.

 

° Le Fonds Louis Blaringhem (1878-1958), botaniste et scientifique, ses « Herbiers du nord de la France", collection de la Médiathèque Elie Wiesel sont aujourd'hui en dépôt permanent au Musée d'Ethnologie Régionale.

 

Ces fonds sont aujourd'hui « bien vivants » et consultés régulièrement.

 

Mais les fonds disparus au cours de l'histoire ? Des bibliothèques disparaissent...mais heureusement parfois les catalogues restent. De simples listes à l'origine, ils deviennent des livres imprimés, surtout dès le 19ème siècle. Aujourd'hui ils sont informatisés et consultables par tous sur internet ! La Médiathèque Elie Wiesel a la chance de posséder une collection de catalogues anciens de la Bibliothèque de Béthune entre 1846 et 1934. Ils donnent un aperçu de la diversité des ouvrages et des richesses conservées autrefois dans les bibliothèques.

 

 

 

Le fonds d'histoire locale de la Médiathèque Elie Wiesel à travers ses anciens catalogues

 

La bibliothèque de la Collégiale St-Barthélemy

 

Le 1er volume des Mémoires de la Commission Départementale des Monuments Historiques du Pas-de-Calais, publié en 1889, dans un article intitulé « La Bibliothèque de la Collégiale St-Barthélemy de Béthune à la fin du XIIIe siècle », nous donne la liste précieuse des livres qui composaient la bibliothèque de la Collégiale en 1279.

 

                                                st bart2

 

C'est une simple liste de 23 ouvrages...écrits évidemment en latin :

On y trouve un ouvrage de philosophie, une dissertation sur la grammaire. Le Liber historiacum constitue à lui seul le bagage historique. La littérature est représentée par l'Allegoria super Vetus. Deux ouvrages forment la partie scientifique dont le Lapidarius et une encyclopédie, le Liber etymologiarum : grammaire, logique, rhétorique, médecine, astronomie...

Les livres de la bibliothèque de St-Barthélemy ne connaissent pourtant pas les belles installations de nos grandes bibliothèques. Ils étaient simplement tenus par les soins du trésorier dans un coffre de la sacristie...et le prêt était pratiqué !

 

Un rayonnement culturel aux XVIe et XVIIe siècles : le livre en masse

 

Avec l'arrivée de l'imprimerie la transmission des connaissances va se diffuser et s'accélérer considérablement. Béthune aura son imprimerie dès 1530 avec Pierre Du Puis

.

C'est également une ère de renouveau dans les ordres religieux. Sept communautés religieuses s'installent à Béthune durant cette période.

Certaines d'entre elles (Récollets, Capucins) possèdent une bibliothèque.

 

Deux de ces ouvrages au moins ont traversé les siècles et sont aujourd'hui à l'abri dans le fonds d'histoire locale, au cœur de la Médiathèque Elie Wiesel :

 

L'Homme content [de Thomas Le Paige], 1680 : autographié « Aux Récollets de Béthune » - Fonds Béghin -.

 

                           l homm2

 

L'Histoire de l'abbaye de Port Royal, 1720 : »Capucins de Béthune » frappé dans le cuir – Ancien fonds de la Médiathèque-

 

          capucin

 

Le XVIe siècle voit apparaître également les « librairies ». Les archives de la ville font mention d'une visite faite en 1569, en vertu d'ordre du duc d'Albe, gouverneur de Béthune, chez Robert Levesque, libraire, pour saisir certains livres contraires à la religion pouvant s'y trouver (BB11. Ce document existe toujours)

 

                                                                                                                             

La période révolutionnaire

 

Puis vient le temps de la Révolution Française et la confiscation des biens du clergé et des émigrés. La ville de Béthune n'y échappera pas : la vente du mobilier des abbayes et monastères des environs de Béthune se fait sous le contrôle des administrateurs du District au mois de septembre 1792. C'est sans doute à cette époque que seront dispersés les livres des bibliothèques conventuelles de la ville.

 

La bibliothèque de lecture publique : la bibliothèque devient progressivement un outil de connaissance et d'éducation

 

Après la Révolution, on revendique l'accès à l'instruction et à la culture pour tous. Mais il faudra attendre le milieu du XIXe siècle pour pouvoir accéder à la lecture par le biais de bibliothèques laïques et gratuites, à la façon des bibliothèques anglo-saxonnes.

 

Ainsi, à travers les anciens catalogues de la « Bibliothèque Communale » (entre 1846 et 1934) on constate progressivement une démocratisation du savoir à travers les livres. La bibliothèque évoluant au gré de la société de l'époque.

 

Le contenu du catalogue de 1846 semble destiné à un public d'étudiants ou d' »intellectuels ». Il s'agit surtout d'une bibliothèque encyclopédique d'ouvrages entre le XVIIe siècle et le début du XIXe siècle : ouvrages de droit, beaucoup de dictionnaires : généraux, législation, histoire, géographie, mathématiques, mythologie...on trouve ensuite des ouvrages sur la religion et la spiritualité (surtout en latin)...des livres d'histoire, dont quelques uns sur l'histoire de Béthune...des livres de philosophie, de sciences, d'histoire militaire, des voyages...les recueils de poésies et quelques pièces de théâtre sont les seules fictions.

 

cat 1846 2

 

On retrouvera certains de ces ouvrages dans les catalogues de 1863 et 1894 . Certains existent encore dans le fonds aujourd'hui

 

Le catalogue de 1894 est complété par des ouvrages d'histoire locale et régionale. Les nombreuses société savantes de la fin du XIXe siècle (Monuments Historiques, Antiquaires de la Morinie...) ont donné le goût pour l'archéologie et l'histoire locales. Dans ce même catalogue on y trouve une abondante section de littérature française et étrangère.

 

cat 1891 2

 

Des livres enfin à portée de tous !

La « Bibliothèque communale » hébergée dans l'hôtel de ville est anéantie au cours de la 1ère guerre.

1928. On reconstruit , rue de l'Université (rue Herriot) les cours Municipaux et une bibliothèque

 

                                   visite patrimoine mars 2012 004

Il est décidé de reconstituer la « Bibliothèque Communale » qui deviendra « Bibliothèque Populaire Communale » : ces bibliothèques avaient pour but « de répandre le goût de la lecture et de l'instruction en mettant le livre à portée de tous ». Ce n'est sans doute pas par hasard que par délibération du 6 mars 1929, Monsieur Juvénal Bienaimé, directeur de l'école Pasteur sera nommé membre de la commission d'achat. C'est le même M. Bienaimé qui se chargera de l'inventaire du « Fonds Béghin », acheté en 1930 pour la reconstitution de la Bibliothèque.

 

Conclusion

 

Demain, les programmes de numérisation permettront à chacun d'accéder sur Internet aux trésors cachés de la Médiathèque par une exploration virtuelle des ouvrages du fonds.

Mais l'ouvrage électronique a aussi ses limites. Même s'il recrée exactement l'image du livre, il n'en restitue pas pour autant les sensations qu'il procure : l'odeur, la vue et le toucher du cuir et du vieux papier. Le claquement des pages que l'on tourne. La sensation de tenir en main un bel objet qui a traversé notre histoire, issu du savoir-faire conjoint d'un auteur, peut-être aussi d'un illustrateur, d'un fabricant de papier et d'un relieur.

Mise à jour le Samedi, 24 Mars 2012 11:24

Ne pas perdre la mémoire...

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Pour ne pas « perdre la mémoire » la Médiathèque Elie Wiesel propose des fonds spéciaux, tel le « Fonds d’histoire locale et régionale ».

 

Une grande partie de ce fonds est constituée d’ouvrages anciens (depuis la fin du XVIe siècle) et modernes sur l’histoire de la région : monographies sur l’histoire des communes, histoire des familles, art et architecture, folklore…On peut également y consulter des périodiques anciens ou nouveaux, des journaux locaux du 19e s…des cartes et plans…

 

Ce fonds peut être consulté par tous « sur place » et sur rendez-vous : historiens, étudiants, associations…ou simples curieux !

 

Seulement, en vue de protéger son contenu, les documents sont conservés dans un local climatisé, prévu à cet usage.